Oubliez le café, voici la nouvelle boisson des voyageurs suisses : le thé ! Tekoe -prononcez Tiko-, est une nouvelle génération de tea-room derrière laquelle se cache la 2ème femme entrepreneur de l’année : une française.

En rentrant de Californie où elle travaillait pour Reuters, Valérie Peyre s’est associée à Pierre Maget, un Suisse, pour lancer une chaine de magasins autour de sa passion : le thé. En sept ans, Tekoe s’est multiplié : sept boutiques sont désormais visibles dans les gares et les aéroports helvétiques, nées d’une frustration : celle de ne pas trouver de bons thés à emporter dans les lieux de passage, aéroports ou gares. Pour Valérie Peyre, « le café a été sur-développé, l’huile d’Olive a des magasins dédiés, mais le thé est un produit de commodité qui a été oublié. Entre Lipton et les thés Mariage, il n’y avait rien sur le marché. Nous sommes convaincus qu’il va se produire pour le thé ce qui s’est passé dans le café. »

Valérie Peyre, Pierre Maget, les deux fondateurs de Tekoe. Photo Enrique Pardo

Valérie Peyre, Pierre Maget, les deux fondateurs de Tekoe. Photo Enrique Pardo

Tekoe, le futur Starbucks du thé ? Pour réussir sa start-up, Valérie Peyre s’est associée à Pierre Maget, ancien sportif et suisse. Les deux jouent à fond la complémentarité. « Valérie s’occupe des produits, des thés et de la formation du personnel. Moi, je créé le design des produits et des magasins, je conceptualise. » Pierre Maget a le verbe et le contact facile, Valérie est plus réservée, mais tous deux sont portés par la même détermination qui frise parfois l’obstination. C’est ce qui les a sauvés.

Tout le monde nous prenait pour des fous quand on s’est lancés. Personne n’y croyait. On a financé Tekoe sur nos fonds propres, et bossé quinze heures par jour pendant des années…

Pierre Maget est plutôt fier du résultat : 15% de croissance chaque année, déjà sept magasins et bientôt dix avec les nouvelles gares de Genève et Zurich et le campus de l’EPFL. Ils étaient deux à lancer Tekoe, ils sont maintenant 70 et bientôt 100 salariés en 2013. Tekoe va vite et voit grand. « On finit de couvrir la Suisse avant de se déployer dans d’autres pays en Europe. On reçoit des demandes de franchises qu’on avait toujours refusées jusqu’à présent, mais maintenant on est prêts. »

Pierre Maget et Valérie Peyre, Tekoe. Photo Enrique Pardo

Pierre Maget et Valérie Peyre, Tekoe. Photo Enrique Pardo

Pour créer ses thés parfumés, ses « blends », Valérie Peyre s’est formée dans les plantations des producteurs d’Asie, les « cinq seigneurs » producteurs de thé asiatiques -Chine, inde, Sri-Lanka, Taïwan, Japon-, où elle se fournit directement. Parmi les 120 thés proposés à la vente et uniquement en vrac, elle a conçu quelques « best sellers » comme « Party Time », thé parfumé au caramel et pop-corn, Le « régal de l’écureuil » : thé noir à base de noisette et d’amandes. Ou encore « Little Bouddha », thé vert « monstre succès » aux fleurs de Lotus. Avec Tekoe et ses parfums renouvellés en permanence, le thé prend un sérieux coup de jeune :

On a pensé le thé pour toutes les clientèles, du thé au parfum de whisky ou de cigare pour les messieurs, ou le thé au sirop d’érable pour les canadiens. On voulait désacraliser le thé et montrer que cette boisson est bien plus fun que le thé de la Reine Elisabeth, ou que la tisane qu’on boit quand on est malade ou fatigué. Le thé c’est autre chose, c’est une expérience de plaisir…
Pour Valérie : la Suisse, pays de l’herboristerie et de la droguerie était un terrain idéal… Même si elle reconnaît avoir été surprise par les freins à son arrivée : Créer une entreprise pour le grand public en Suisse, c’est commencer par le plus dur! Le marché est petit, complexe avec un concentré de cultures et de mentalités très diverses. On fait des ponts d’or pour les multinationales qui s’installent en Suisse, mais les petits comme nous, doivent se débrouiller tout seuls…

Valérie Peyre a cru en son rêve et a pu le réaliser avec Pierre Maget.

Tekoe est le résultat de leurs deux énergies et mixe trois ingrédients : la qualité Suisse, la « french touch » pour la création des thés et l’approche anglo-saxonne du business, être là où on ne vous attend pas (dans les gares). Une belle histoire qui a porté la française à la 2ème place des meilleures femmes entrepreneurs de l’année en Suisse, selon le classement « Business Woman Award » Veuve Cliquot en 2012.

Valérie Peyre, 2ème femme entrepreneur en Suisse en 2012. Photo E. Pardo.

Valérie Peyre, 2ème femme entrepreneur en Suisse en 2012. Photo E. Pardo.

Après 20 ans de journalisme dans les médias traditionnels, je m'offre un espace de liberté sur ce blog. J'ai la chance de rencontrer des patrons et créateurs d’entreprises autour de moi à Genève. Je partage ici ces rencontres.

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